lundi 15 janvier 2018

Réponse aux assertions de mes ennemis

Réponse aux assertions de mes ennemis

C’est un fait, des ennemis, j’en ai.
Je ne dis pas : des adversaires, qui sont tout autre chose. Avec des adversaires, on peut engager des discussions, des disputationes, vives parfois mais toujours courtoises, où l’on échange des arguments qui n’outrepassent jamais la sphère de la raison. Les désaccords n’entachent pas les relations personnelles.
Les ennemis, au contraire, sont vindicatifs et haineux. Echanger des arguments n’est pas leur méthode. Ils insultent, ils injurient, ils surenchérissent dans l’outrage, et l’outrage ad hominem. Il leur faut salir, vilipender celui qu’ils ont choisi pour victime.
C’est mon sort depuis quelques années. Et cela pourquoi ? Parce que j’ai eu l’audace de ne pas m’incliner devant leur gourou, qui règne sur leur secte, mais au contraire de combattre les théories fausses et dangereuses de ce nouveau prophète. Je dis secte : leur groupuscule en a toutes les caractéristiques. Ils s’érigent en parangon de la maçonnerie rectifiée. C’est à rire ou à pleurer. Leurs manières sont aux antipodes du comportement maçonnique : ils sont dogmatiques, ils sont sectaires, ils multiplient anathèmes et condamnations, personne ne trouve grâce à leurs yeux. C’est un concentré d’orgueil et de haine. Eux qui se revendiquent du christianisme le plus pur et le plus élevé – transcendant, disent-ils – ils s’en révèlent les pires ennemis car aptes à le faire honnir par toute personne équilibrée. Il en va de même pour le Régime rectifié : l’image qu’ils en donnent est tout simplement repoussante.
Ces méchantes gens sont même pires que les inquisiteurs qui instruisaient des procès en bonne et due forme : eux condamnent a priori et sans examen. Ainsi à peine mon éditeur avait-il annoncé sur Facebook le 6 octobre 2017 la parution de mon petit Willermoz que, dans l’heure qui suivit, je ne mens pas, dans l’espace d’une heure, on assista à un déluge d’imprécations de la part d’énergumènes qui n’en avaient pas, et pour cause, lu la première ligne ! L’un d’entre eux a même sans vergogne décrété que j’étais « disqualifié » pour parler du Régime rectifié en général et de Willermoz en particulier ! Disqualifié par qui ? Par leur grand prophète… Quelle dérision ! Le grand Willermoz, je l’étudie depuis plus d’un quart de siècle – bien avant que ledit prophète existât maçonniquement, fût-ce en tant qu’apprenti…Je me suis efforcé avec persévérance de lui élever une statue digne de lui. Et il faut dire qu’à l’époque, ce n’était pas dans l’air du temps. Les quelques auteurs qui avaient parlé de lui, les Alice Joly, les René Le Forestier (lui surtout !), les Paul Naudon, le faisaient avec condescendance, voire dérision. Seul Antoine Faivre s’inscrivit en faux contre cette tendance au dénigrement – mais il n’avait pas encore la notoriété qui est la sienne aujourd’hui.
Maintenant les choses ont changé, et la grandeur singulière de Jean-Baptiste Willermoz est maintenant généralement reconnue. Je ne m’attribue pas le mérite de ce renversement, à Dieu ne plaise, mais j’y ai pris ma part.
Témoin ce petit volume, qui reproduit une conférence que je fis il y a 25 ans à la loge rectifiée de Bruxelles Geoffroy de Saint-Omer, à l’invitation et sous les auspices de Pierre Noël, éminent spécialiste (entre autres) du Régime rectifié, qui se trouvait être alors Grand Prieur du Grand Prieuré de Belgique. C’est d’un commun accord que nous avons pris la décision de reproduire à l’identique, moi mon texte et lui sa préface, sauf quelques infimes ajustements toujours signalés. Et l’approbation de Pierre Noël a pour moi infiniment plus de prix que la désapprobation du prophète grenoblois et de ses sicaires.
Comme ces derniers ont cru juste et bon d’envahir les colonnes d’Amazon pour dire pis que pendre de mon ouvrage, je veux remettre les choses au clair sur un ou deux points.
Il m’est fait reproche de ne rien apporter de neuf. Je n’ai jamais eu cette ambition. Le neuf, je l’apporte ailleurs. J’ai voulu présenter sous une forme accessible et maniable, donc synthétique, l’essentiel de ce qu’il importe de connaître sur « le fondateur du Régime rectifié », à qui tous les membres de ce Régime sont pour toujours redevables, sans laisser de côté les traits qui le font apparaître comme un homme et pas seulement comme une statue.
A cet effet j’ai utilisé toute la documentation existante alors, à commencer par l’ouvrage d’Alice Joly, indispensable en dépit de son ton déplaisant. J’en ai tiré la substantifique moelle.
C’est pourquoi la remarque d’un autre « contributeur », qui fait remarquer que cet ouvrage a été réédité et est maintenant aisément accessible, cette remarque est particulièrement niaise : bon courage aux débutants – car c’est à eux essentiellement que je m’adresse – qui seraient désireux de s’attaquer à cette somme érudite de 329 pages ! Il ne faut pas mélanger les genres !
En revanche, ce qui était neuf à l’époque (et qui l’est moins aujourd’hui, ne serait-ce que parce que j’ai souvent développé ces thèmes), c’est mon exposé en forme de la doctrine rectifiée telle qu’énoncée et fixée par Jean-Baptiste Willermoz.
En résumé, je considère mon petit livre comme un manuel à l’usage des maçons rectifiés, de ceux qui ne le sont pas et des profanes curieux : à tous je pense apporter des éclaircissements incontestables sur cette forme de maçonnerie chrétienne qui, après bien des péripéties, fait aujourd’hui florès et sur celui qui en fut l’architecte inspiré. De ma part, c’est un hommage qu’il m’est bon de lui rendre ;

16 janvier 2018




jeudi 28 décembre 2017


Cet ouvrage sans grande prétention n'en a qu'une seule : exposer clairement et synthétiquement tout ce qu'il est nécessaire de connaître sur ce maçon exceptionnel qui survit encore dans son oeuvre.Son oeuvre, c'est le Régime écossais rectifié, qui réunit de nos jours grosso modo 8000 maçons en France.Sans forfanterie, je pense qu'ils peuvent trouver là un manuel utile.On peut se le procurer chez l'éditeur, La Pierre Philosophale, editiones@lapierrephilosophale.com ou 0954208542, dans les librairies maçonniques, ou encore sur Amazon, au prix de 19€50.

jeudi 26 octobre 2017

Les racines chrétiennes de la laïcité

Une excellente étude parue dans le site chrétien 
https://fr.aleteia.org/

Non, la laïcité ne date pas de 1905 !
Ces dernières années, en France, l’habitude a été prise d’opposer à la laïcité le christianisme, les deux étant supposés absolument contraires l’un à l’autre. Preuve en est notamment le nombre de procédures contre les crèches de Noël en mairie, perçues comme une « atteinte à la laïcité » par certaines associations. L’erreur est justement là : la laïcité n’est pas un pur produit républicain, mais tire au contraire son origine dans le christianisme. Explications.
Une filiation historique 
Ce mot, souvent utilisé en lieu et place d’athéisme, a pourtant une définition tout à fait différente de ce dernier. Le mot « laïkos » en grec signifie ce qui est du peuple, populaire pourrait-on dire, bien que le sens s’approcherait plus de celui de profane. Il fut utilisé la première fois par l’Église des premiers siècles pour désigner d’abord l’assemblée qui assistait à l’office puis, plus largement, ceux qui n’étaient pas dans un état religieux, contrairement aux prêtres et aux moines, lesquels étaient des « kléros ». La même summa divisio se retrouve presque mots pour mots en Français de nos jours : les laïcs et les clercs.
Il n’a donc rien à voir avec l’athéisme qui, rappelons-le, signifie « sans dieu » en grec, c’est-à-dire qui ne croit pas à l’existence de forces surnaturelles.
La France, un royaume laïc depuis le début
Une erreur fréquente est de penser qu’avant la Révolution, la France était un régime religieux ou « de droit divin », expression très équivoque qui laisse penser que le droit civil émanait directement d’une source religieuse. On nous l’apprend à l’école et pourtant, si on s’en tient à la définition stricte de laïcité, la France a toujours eu un régime laïc. Affirmer l’inverse reviendrait à dire qu’elle était une théocratie, ce qui est faux. Il y a théocratie quand des personnalités religieuses gouvernent (comme en Iran ou Tibet traditionnel) ou lorsque le pouvoir civil est aussi une autorité religieuse comme dans beaucoup de civilisation païennes (Égypte, Rome, Japon…) ou en islam (Empire ottoman, Maroc). Or la France n’a jamais connu cela. Le roi, seul garant de l’intérêt général, n’était pas prêtre et n’avait aucune juridiction religieuse, il était donc laïc. Il avait un certain pouvoir sur les clercs qui étaient ses sujets, mais pas sur les dogmes, les sacrements ou la discipline de l’Église — un pouvoir néanmoins limité par certains privilèges ecclésiastiques permettant de garantir l’indépendance de l’Église. De même l’Église n’avait aucune juridiction sur l’État.
C’est là toute la formule chrétienne du pouvoir.
La séparation du spirituel et du temporel 
Que d’encre (et de sang !) n’a pas fait couler la fameuse réponse du Christ « rendez à César ce qui est à César » ! Qui, à l’époque, se doutait que l’Église poserait grâce à elle les bases d’une formule politique originale : la séparation du spirituel et du temporel. D’un coté les rois gouvernent les hommes, de l’autre, l’Église gouverne les âmes : le pouvoir est laïc.
Paradoxalement, c’est César et non Dieu qui est finalement tombé de haut : on donne une pièce à lui plutôt qu’à Dieu, certes, mais cela veut précisément dire qu’il n’est pas Dieu. Il était Pontifex Maximus, pont entre terre et ciel, le voilà pauvre créature pècheresse. Lui à qui on élevait des temples et vouait un culte se fait un jour exclure des églises par saint Ambroise de Milan après avoir fait massacrer les habitants de Salonique. « Tu peux décider de réprimer une révolte par ce que tu es l’Empereur, mais pas en massacrant une toute une ville innocente, parce que tu es chrétien » dit-il en substance à Théodose qui ne peut revenir qu’après une pénitence publique.
Inversement, lorsque Boniface VIII, par ailleurs très grand pape, a prétendu gouverner l’Occident et faire des rois ses vassaux, c’est cette même doctrine de séparation des deux ordres qui donna à Philippe le Bel les arguments pour s’y opposer victorieusement. Il faut dire que le cas d’espèce ressemblait fort à la jurisprudence puisqu’il s’agissait entre autres de savoir si le clergé pouvait se voir prélever des impôts. Difficile de dire un « non » catégorique, avec cette phrase du Christ écrite noir sur blanc dans l’Évangile…
Bien sûr il y eut bien des exceptions et des compromissions. Les États pontificaux étaient en quelque sorte une théocratie, il y avait dans l’Empire des princes-évêques, il y avait des veto autrichiens et français pour l’élection du Pape. Mais ce n’était là que des arrangements avec le principe, le principe est resté.
La laïcité a souvent conduit les responsables politiques à nier les racines chrétiennes de l’Europe. Il faudra pourtant un jour reconnaître les racines chrétiennes de la laïcité.

Charles Rouvier  7 février 2017




mercredi 18 octobre 2017

SORTIE PROCHAINE DE L'OUVRAGE DE JEAN-FRANCOIS VAR SUR JEAN-BAPTISTE WILLERMOZ



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à paraître
19,50 €  
Sortie Prévue Du Livre Novembre 2017




Jean-François VAR est indubitablement un maçon expérimenté, puisqu’on a fêté en avril dernier ses 40 ans de vie maçonnique. 
Durant ce long espace de temps, il a pratiqué tous les rites, à l’exception d’un, en usage à la Grande Loge Nationale Française dont il était alors membre. Mais c’est en intégrant en 1982 le Grand Prieuré des Gaules et en devenant « rectifié », qu’il se convainquit que la maçonnerie rectifiée est le nec plus ultra de la maçonnerie sous sa forme chrétienne, laquelle est sa forme primitive. Et cela néanmoins sans mésestimer les autres formes revêtues par l’Art royal, dont il continue à pratiquer certaines concurremment au Régime rectifié, qui demeure son rite de prédilection.
Il y a 35 ans, la littérature consacrée à la maçonnerie rectifiée était indigente. Seuls pouvaient être cités les ouvrages brillants de Jean Tourniac, alias Jean Granger, Grand Maître – Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules. Brillants mais contestables, comme Jean-François Var s’en rendit compte en étudiant assidûment les textes doctrinaux de Jean-Baptiste Willermoz. Il constata un décalage évident entre les deux.  

Il décida alors de mettre au service du Régime et de son fondateur les qualifications acquises du fait de sa formation universitaire : ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm et formé à la méthodologie en histoire, il a en outre été, quarante années durant, haut fonctionnaire au Sénat.
S’ensuivirent donc un peu plus de 80 articles, contributions à des revues et à des dictionnaires, conférences, participations à divers colloques…consacrés pour l’essentiel au Régime rectifié, mais pourtant pas uniquement, car il s’est intéressé à toutes les formes historiques de la maçonnerie chrétienne, depuis la maçonnerie opérative des origines en passant par les divers avatars de la maçonnerie symbolique ou spéculative. 
Une trilogie est en cours de publication chez Dervy Livres qui porte le titre significatif de La Maçonnerie à la Lumière du Christ.
Le présent ouvrage édité grâce à l’amitié de Serge Goasguen s’inscrit dans cet ensemble.   


Entretien Accordé À Nos Éditions Par Jean-François VAR À L'occasion De La Sortie De La Réédition De Son Ouvrage "Jean-Baptiste Willermoz, Fondateur Du RER"


Jean-François Var, un ouvrage sur Jean-Baptiste Willermoz. Un de plus. Pourquoi ?

- Quand je l’ai rédigé, il y a un quart de siècle…, ce n’était pas un de plus. Il n’en existait qu’un, celui d’Alice Joly, intitulé (assez sottement) Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie (1730-1824), datant de 1938. Copieux ouvrage d’érudition (330 pages) car Alice Joly (1898-1979), archiviste de la bibliothèque municipale de Lyon (son époux Henri Joly était bibliothécaire en chef de la ville de Lyon), avait sous la main tous les documents, et elle en a tiré profit. De ce point de vue, cet ouvrage est irremplaçable et n’a pas été supplanté. J’en ai à mon tour largement tiré parti. Cependant il est très gênant par son parti pris assez sarcastique et moqueur à l’égard de Willermoz et des siens. À la fin du livre, Alice Joly s’excuse presque « de l’avoir si complaisamment accompagné tout au long de sa quête obstinée du secret de la franc-maçonnerie »… Heureusement qu’elle l’a fait, et que, indépendamment de la documentation, elle se laisse lire car son style est agréable.
Je n’en dirai pas autant de René Le Forestier (1868-1951), connu surtout par son monumental ouvrage posthume La Franc-Maçonnerie templière et occultiste : aux XVIIIe et XIXe siècles publié en 1970 par les soins d’Antoine Faivre. Le style, je regrette de le dire, en est pesant. Sur le fond, je citerai Robert Amadou : Le Forestier est aussi inévitable qu’il est peu fiable – et en effet Alain Bernheim a répertorié les innombrables erreurs de Le Forestier. Et enfin ce dernier nourrit une constante animosité envers ceux dont il s’occupe (pourquoi alors l’avoir fait ?), notamment Willermoz, qu’il accable de ses sarcasmes.
Ainsi donc mon travail fut pour ainsi dire une première.

Et l’envie vous en est venue tout d’un coup ?

- Oui et non. L’envie, je l’avais. Mais je répondis à une commande. Mon ami Pierre Noël, à l’époque (et durant de nombreuses années) Grand Maître – Grand Prieur du Grand Prieuré de Belgique, m’invita à venir faire une conférence à la loge rectifiée de Bruxelles Geoffroy de Saint-Omer, de la Grande Loge Régulière de Belgique. Nous tombâmes d’accord pour que le sujet en fût Jean-Baptiste Willermoz, pour la simple raison qu’il n’avait jamais été traité sous un format aussi accessible. Il en fut ainsi. Ma prestation plut, au point que la loge (à l’instigation de Pierre Noël) décida de l’éditer sous forme de plaquette, assortie d’une préface de lui-même sous son pseudonyme de Guy Verval. Cela se passait en 1992.
Je puis dire, maintenant que le réalisateur matériel n’est plus de ce monde, que cette plaquette me consterna, à cause de ses nombreuses et parfois énormes coquilles (elle n’avait pas été soumise à ma révision). Je pensai à cette réflexion de Jean Granger me disant, dans des circonstances analogues, qu’il se croyait devenu un coquillard, c’est-à-dire un pèlerin de saint Jacques.
Ensuite les choses en restèrent là. Puis en 2013, mon traducteur ordinaire en castillan, Ramòn Marti, insista pour réaliser une édition ibérique de ce travail. Ce qui fut fait. Et après cela, d’autres frères, de langue française ceux-là, réclamèrent une édition française de ce travail. C’est alors que je la proposai à Serge Goasguen.

C’est donc un reprint pur et simple…

- Pas du tout. De reprint, il ne pouvait être question, vu la mauvaise qualité de la version princeps. Mais Pierre Noël (auteur, je le rappelle, de la préface initiale) et moi, après avoir relu nos textes respectifs, nous tombâmes d’accord pour n’y rien changer, sauf à l’indiquer de la façon la plus claire possible. Pour ma part, cela ne s’est produit que deux ou trois fois, et jamais à propos de l’exégèse que je donne de la pensée de Willermoz, exégèse invariable chez moi comme sa pensée l’était chez lui. Les seules et rares modifications que j’ai apportées à mon exposé sont liées aux événements survenus depuis 25 ans dans ce qu’on est convenu d’appeler le « paysage maçonnique français ». Et, je le répète, que j’ai signalé explicitement.

Donc, l’utilité de ce Willermoz…

… tient au fait que je procure, sous un format maniable, tout ce qu’il est bon et nécessaire de connaître sur Jean-Baptiste Willermoz. Sur l’homme attachant qu’il fut, et sur son œuvre maçonnique, œuvre de toute une vie, à savoir le Régine écossais rectifié. Il en fut le concepteur, l’architecte en chef, le maître d’œuvre, car il sut, par son ascendant, mobiliser des équipes constituées d’hommes de tous les âges et de toutes les conditions sociales. Non seulement il fut un efficace meneur d’hommes, mais il fut aussi un pédagogue de premier ordre : en témoignent les « instructions », c’est-à-dire les enseignements initiatiques et ésotériques qui jalonnent, de grade en grade, son Système. Celui-ci est caractérisé par une qualité qui le différencie de tous les autres Systèmes ou Régimes sans exception : une totale cohérence marquée par une progression continue d’un terme à l’autre du Régime. Et cela, nous le devons à Willermoz et à lui seul.

Cet ouvrage, je l’ai conçu comme un hommage à un homme, un maçon, que d’année en année j’admire et je vénère de plus en plus. Mais aussi et peut-être surtout comme une sorte de vade-mecum indispensable. Je voudrais, l’ambition n’est pas mince ! Que tout maçon rectifié l’ait à sa portée et ne cesse de s’en servir. Tel est mon souhait. S’il se réalise, j’aurai reçu mon salaire.
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mardi 26 septembre 2017

AVERTISSEMENT UTILE 

ET MEME INDISPENSABLE


Je suis maçon rectifié, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, Grand Croix de la Cité Sainte. Je suis aussi Chevalier du Temple et de Malte. Je suis enfin Souverain Prince Rose+Croix. Ceci dit non pas pour m'enorgueillir mais pour assurer qu'à propos de franc-maçonnerie et de chevalerie, je sais de quoi je parle. J'ai d’ailleurs quelque 80 contributions à mon actif.


D'autre part je suis archiprêtre et vicaire patriarcal dans l'Eglise orthodoxe, ainsi que professeur de liturgie et de spiritualité. Là encore je puis m'exprimer avec quelque autorité. 


Ces titres et fonctions, je ne les énumère pas par gloriole mais parce qu'ils m'obligent. Ils m'obligent à une parole véridique autant que mes facultés me le permettent. Dire vrai quoi qu'il advienne est, a toujours été et sera toujours ma ligne de conduite. 


Cette parole véridique est la mienne, et la mienne seule. Je ne suis le porte-parole de personne, d'aucun groupe, d'aucune Obédience, d'aucun Ordre, d'aucune Eglise. C'est ma pensée qu'on lira ici, soit qu'elle émane de moi directement, soit qu'elle adopte des textes reproduits d'ailleurs (mais toujours avec indication de la source). 


La liberté d'expression exige l'indépendance de l'expression. C'est ma devise.


+ Jean-François Var 

septembre 2017







mardi 19 septembre 2017

Vie de l'évêque Jean de Saint-Denis 
de sainte mémoire

Né le 8 avril 1905 à Saint-Pétersbourg, le jour de la fête de l'archange Gabriel selon le calendrier russe, le futur évêque Jean reçoit le nom de son père, Eugraph. La famille Kovalevsky, de vieille noblesse terrienne, originaire d'Ukraine, cœur historique de la Russie, a donné de très nombreux et exceptionnels serviteurs à ce pays : philosophes, mathématiciens, sociologues, historiens, musicologues, diplomates et ministres s’occupant d’éducation nationale.
A la fin de sa quatrième année, Eugraph reçoit, sous forme de vision, l'expérience de la lumière incréée. Puis, vers onze ans, il se sent, en songe, blessé par un oiseau de feu dont il comprend qu'il s'agit du Saint-Esprit. Dès lors, il prend conscience que son unique refuge est la Trinité  ; « dans la Trinité, déclarera-t-il plus tard, je trouvais soudain le sol ferme, quelque chose de réel, d'immédiat, qui ne trompe pas, inébranlable, et je répétais pour ne pas disparaître : Trinité-Unité, mon unique ami ».
En 1917, la révolution survient. L'Eglise de Russie, afin d'opérer sa réforme, réunit un concile à Moscou où œuvrent, parmi les laïcs, Eugraph Kovalevsky père et, parmi les évêques, le métropolite Antoine de Kiev, leur parent. Durant ce temps, Eugraph et son jeune frère Maxime fréquentent assidûment les saints ; ils peignent les icônes des saints de tous les jours de l'année. Ils apprennent par cœur tous les offices de l'Eglise.
A quatorze ans, Eugraph s'en va expérimenter la vie monastique dans un monastère fondé par le métropolite Antoine de Kiev. Au bout d'un certain temps, l’higoumène le place devant ce choix : « Si tu sers ton prochain, Dieu te servira, si tu sers Dieu, ton prochain te servira ; que préfères tu ? » Eugraph répond sans hésiter : « Je préfère servir mon prochain pour que Dieu me serve ! » - « Alors, lui dit l’higoumène, retourne dans le monde, tu n’es pas fait pour être moine ».
La guerre civile oblige la famille Kovalevsky à fuir Saint-Pétersbourg, d'abord en Ukraine, puis en Crimée et enfin, après une escale à Salonique, à Beaulieu sur la Côte d'Azur. A plusieurs reprises, au cours de ce périple, il rencontre des hommes d’Eglise inspirés par Dieu qui lui prédisent sa future mission.
C'est à l'âge de 22 ou 23 ans que celle-ci lui est clairement dévoilée lorsque, contraint par une force invincible de passer sous le tombeau de sainte Radegonde, à Poitiers, la sainte lui confirme que sa mission sera la renaissance de l'Orthodoxie en France et la restauration de l'Eglise de France dans l'esprit qui fut le sien durant les premiers siècles, et lui donne la force de s'engager dans cette entreprise apparemment surhumaine.
Auparavant, Eugraph, à l'issue de brillantes études à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, où il fut l'élève, notamment, du père Paul Boulgakov, avait fondé en 1925, avec plusieurs autres jeunes Russes émigrés, la confrérie Saint Photius, placée sous le patronage de l'illustre patriarche de Constantinople.
Au sein de cette confrérie, Eugraph est président de la province Saint-Irénée, qui accumule les matériaux théologiques, liturgiques et canoniques en vue de rendre à l'Occident sa foi et sa pratique ecclésiale orthodoxes. Il est convaincu que « l'âme d'un Occidental est naturellement orthodoxe ». C’’est pourquoi la lutte de toute sa vie sera de prouver que l'Orthodoxie occidentale existe et que l'Occident en son instinct est orthodoxe.
En 1936, il rencontre Monseigneur Louis-Charles Winnaert. Ce dernier, ancien prêtre de l'Eglise romaine, l’avait quittée parce que la pratique assidue de saint Paul l’avait convaincu que la foi et l'ecclésiologie de cette Eglise s'étaient gravement écartées de la Tradition. Il avait fondé une « Eglise catholique évangélique de France » et évoluait progressivement sans le savoir vers l’Orthodoxie. Eugraph reconnaît en Monseigneur Winnaert et sa communauté « les peuples d'Occident en marche vers l'orthodoxie de la foi et la restauration de leur Eglise dans l'esprit de l'Eglise primitive ».
Tous deux, guidés par la Providence, s'adressent au métropolite Serge de Moscou, locum tenens du patriarche, lequel rend le 16 juin 1936 un oukase historique décrétant que « les paroisses réunies à l'Eglise orthodoxe se servant du rite occidental seront désignées comme Eglise orthodoxe occidentale ».
Ordonné prêtre en février 1937 par le métropolite Eleuthère, représentant du patriarcat de Moscou, le père Eugraph célèbre sa première liturgie le 7 mars 1937 pour l'enterrement de Mgr Winnaert, qui était entré en Orthodoxie quelques jours auparavant et y avait reçu sa communauté.
Le père Eugraph, qui avait acquis la nationalité française, est mobilisé en 1939, puis fait prisonnier. Dans le camp de prisonniers français où il est enfermé d'abord, puis dans le camp de prisonniers russes où il demande à passer parce que ses anciens compatriotes sont bien plus durement traités, le « petit père », comme on l'appelle avec affection, s’attire une extraordinaire popularité à cause de sa charité, de son entrain et de son rayonnement.
Libéré en 1943, il reprend presque à zéro la tâche d’édifier l'Eglise orthodoxe de France, réduite alors à trois femmes. Le travail de la confrérie Saint-Photius, amplifié par le père Eugraph, aboutit à la première célébration, le 7 octobre 1945, de la « sainte liturgie selon l'ancien rite des Gaules », dite encore « liturgie selon saint Germain », parce que ce saint évêque de Paris du VIe siècle l'avait décrite dans deux de ses lettres.
Peu auparavant, le 15 novembre 1941 il avait ouvert l'Institut Saint-Denys, institut de théologie de l'Eglise orthodoxe de France, placé sous l'invocation de saint Denys l'Aréopagite que la tradition a assimilé au premier évêque de Lutèce, saint Denis, martyrisé sur le Mont Martre. Selon la volonté de son fondateur, l'institut accueille, parmi ses administrateurs et son corps enseignant, des représentants de tous les courants chrétiens. Le père Eugraph y professa jusqu'à sa mort des cours éblouissants de lumière supra- intellectuelle.
En 1957, il fait la connaissance de l'archevêque Jean Maximovitch, futur saint Jean de San Francisco, à l'époque archevêque en France pour l'Eglise russe hors frontières, qui avait été sacré précédemment évêque de Shanghai par le métropolite Antoine de Kiev. Ce saint authentique, thaumaturge et clairvoyant, reconnaît l’œuvre de l’archiprêtre Eugraph. Surmontant de nombreux obstacles, il le sacre en sa cathédrale de San Francisco le 11 novembre 1964, fête de saint Martin, apôtre des Gaules ; il lui donne le nom de Jean en l'honneur de saint Jean de Cronstadt, nouvellement canonisé, et lui attribue le titre d’évêque de Saint-Denis. Le saint archevêque prophétise au nouvel évêque à la fois la joie et la haine et ajoute : « Aujourd'hui, saint Martin est fêté dans toute la France ; saint Irénée est ton protecteur par la sûreté de la doctrine ; tu es entouré de saint Jean de Cronstadt, de saint Nectaire d’Égine : mais souviens-toi aussi du métropolite Antoine de Kiev, ton parent, et fais ce qu'il ferait à ta place ».
L’archevêque Jean de San Francisco étant mort en 1966, ses successeurs, qui lui étaient hostiles, attaquèrent l'Eglise catholique orthodoxe de France qu’il avait prise sous sa protection. Celle-ci dut rompre avec l’Eglise russe hors frontières, et cette rupture provoqua des désordres d'une telle violence qu'ils hâtèrent la fin de l’évêque Jean. Il naquit au ciel un vendredi à trois heures de l'après-midi, comme son maître le Christ : ce fut le 30 janvier 1970, en la fête des trois saints docteurs de l'Orient, ses compagnons de toujours, saint Basile le Grand, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome.
Liturge, théologien, canoniste, iconographe, et aussi peintre, musicien, mathématicien, l'évêque Jean de Saint-Denis fut à la fois un génie et un saint. Premier évêque orthodoxe de France après mille ans d'occultation, il se consacra entièrement à ce qu'il appela « l’œuvre la plus grande de notre époque » : « la restauration dans l'Orthodoxie universelle du visage, légitime, immortel et orthodoxe de l'Occident » ; cela afin de « renouveler le monde et le christianisme », et de rappeler aux hommes qui l’ont oublié que, derrière l'épreuve de la croix et de la mort vient, offerte gratuitement par le Christ, la résurrection.
La vie de l'évêque de Jean de Saint-Denis fut une parfaite illustration de son enseignement : une liturgie de mort et de résurrection où lui-même recevait et donnait la grâce vivifiante de la divine Trinité.
Après lui, l’Orthodoxie occidentale a malheureusement déchiré la tunique sans couture, et elle s’est fractionnée en plusieurs branches, au moins cinq, sinon concurrentes, du moins étrangères l’une à l’autre, mais revendiquant toutes l’héritage spirituel et liturgique du saint évêque. Deux d’entre elles l’ont canonisé : l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Europe et l’Eglise orthodoxe des Gaules.
La fête de saint Jean de Saint-Denis est fixée à la date de sa naissance au ciel, le 30 janvier, avec les trois saints docteurs, dont il ne dépare pas la compagnie.

+ Archiprêtre Jean-François Var