mardi 19 septembre 2017

Vie de l'évêque Jean de Saint-Denis 
de sainte mémoire

Né le 8 avril 1905 à Saint-Pétersbourg, le jour de la fête de l'archange Gabriel selon le calendrier russe, le futur évêque Jean reçoit le nom de son père, Eugraph. La famille Kovalevsky, de vieille noblesse terrienne, originaire d'Ukraine, cœur historique de la Russie, a donné de très nombreux et exceptionnels serviteurs à ce pays : philosophes, mathématiciens, sociologues, historiens, musicologues, diplomates et ministres s’occupant d’éducation nationale.
A la fin de sa quatrième année, Eugraph reçoit, sous forme de vision, l'expérience de la lumière incréée. Puis, vers onze ans, il se sent, en songe, blessé par un oiseau de feu dont il comprend qu'il s'agit du Saint-Esprit. Dès lors, il prend conscience que son unique refuge est la Trinité  ; « dans la Trinité, déclarera-t-il plus tard, je trouvais soudain le sol ferme, quelque chose de réel, d'immédiat, qui ne trompe pas, inébranlable, et je répétais pour ne pas disparaître : Trinité-Unité, mon unique ami ».
En 1917, la révolution survient. L'Eglise de Russie, afin d'opérer sa réforme, réunit un concile à Moscou où œuvrent, parmi les laïcs, Eugraph Kovalevsky père et, parmi les évêques, le métropolite Antoine de Kiev, leur parent. Durant ce temps, Eugraph et son jeune frère Maxime fréquentent assidûment les saints ; ils peignent les icônes des saints de tous les jours de l'année. Ils apprennent par cœur tous les offices de l'Eglise.
A quatorze ans, Eugraph s'en va expérimenter la vie monastique dans un monastère fondé par le métropolite Antoine de Kiev. Au bout d'un certain temps, l’higoumène le place devant ce choix : « Si tu sers ton prochain, Dieu te servira, si tu sers Dieu, ton prochain te servira ; que préfères tu ? » Eugraph répond sans hésiter : « Je préfère servir mon prochain pour que Dieu me serve ! » - « Alors, lui dit l’higoumène, retourne dans le monde, tu n’es pas fait pour être moine ».
La guerre civile oblige la famille Kovalevsky à fuir Saint-Pétersbourg, d'abord en Ukraine, puis en Crimée et enfin, après une escale à Salonique, à Beaulieu sur la Côte d'Azur. A plusieurs reprises, au cours de ce périple, il rencontre des hommes d’Eglise inspirés par Dieu qui lui prédisent sa future mission.
C'est à l'âge de 22 ou 23 ans que celle-ci lui est clairement dévoilée lorsque, contraint par une force invincible de passer sous le tombeau de sainte Radegonde, à Poitiers, la sainte lui confirme que sa mission sera la renaissance de l'Orthodoxie en France et la restauration de l'Eglise de France dans l'esprit qui fut le sien durant les premiers siècles, et lui donne la force de s'engager dans cette entreprise apparemment surhumaine.
Auparavant, Eugraph, à l'issue de brillantes études à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, où il fut l'élève, notamment, du père Paul Boulgakov, avait fondé en 1925, avec plusieurs autres jeunes Russes émigrés, la confrérie Saint Photius, placée sous le patronage de l'illustre patriarche de Constantinople.
Au sein de cette confrérie, Eugraph est président de la province Saint-Irénée, qui accumule les matériaux théologiques, liturgiques et canoniques en vue de rendre à l'Occident sa foi et sa pratique ecclésiale orthodoxes. Il est convaincu que « l'âme d'un Occidental est naturellement orthodoxe ». C’’est pourquoi la lutte de toute sa vie sera de prouver que l'Orthodoxie occidentale existe et que l'Occident en son instinct est orthodoxe.
En 1936, il rencontre Monseigneur Louis-Charles Winnaert. Ce dernier, ancien prêtre de l'Eglise romaine, l’avait quittée parce que la pratique assidue de saint Paul l’avait convaincu que la foi et l'ecclésiologie de cette Eglise s'étaient gravement écartées de la Tradition. Il avait fondé une « Eglise catholique évangélique de France » et évoluait progressivement sans le savoir vers l’Orthodoxie. Eugraph reconnaît en Monseigneur Winnaert et sa communauté « les peuples d'Occident en marche vers l'orthodoxie de la foi et la restauration de leur Eglise dans l'esprit de l'Eglise primitive ».
Tous deux, guidés par la Providence, s'adressent au métropolite Serge de Moscou, locum tenens du patriarche, lequel rend le 16 juin 1936 un oukase historique décrétant que « les paroisses réunies à l'Eglise orthodoxe se servant du rite occidental seront désignées comme Eglise orthodoxe occidentale ».
Ordonné prêtre en février 1937 par le métropolite Eleuthère, représentant du patriarcat de Moscou, le père Eugraph célèbre sa première liturgie le 7 mars 1937 pour l'enterrement de Mgr Winnaert, qui était entré en Orthodoxie quelques jours auparavant et y avait reçu sa communauté.
Le père Eugraph, qui avait acquis la nationalité française, est mobilisé en 1939, puis fait prisonnier. Dans le camp de prisonniers français où il est enfermé d'abord, puis dans le camp de prisonniers russes où il demande à passer parce que ses anciens compatriotes sont bien plus durement traités, le « petit père », comme on l'appelle avec affection, s’attire une extraordinaire popularité à cause de sa charité, de son entrain et de son rayonnement.
Libéré en 1943, il reprend presque à zéro la tâche d’édifier l'Eglise orthodoxe de France, réduite alors à trois femmes. Le travail de la confrérie Saint-Photius, amplifié par le père Eugraph, aboutit à la première célébration, le 7 octobre 1945, de la « sainte liturgie selon l'ancien rite des Gaules », dite encore « liturgie selon saint Germain », parce que ce saint évêque de Paris du VIe siècle l'avait décrite dans deux de ses lettres.
Peu auparavant, le 15 novembre 1941 il avait ouvert l'Institut Saint-Denys, institut de théologie de l'Eglise orthodoxe de France, placé sous l'invocation de saint Denys l'Aréopagite que la tradition a assimilé au premier évêque de Lutèce, saint Denis, martyrisé sur le Mont Martre. Selon la volonté de son fondateur, l'institut accueille, parmi ses administrateurs et son corps enseignant, des représentants de tous les courants chrétiens. Le père Eugraph y professa jusqu'à sa mort des cours éblouissants de lumière supra- intellectuelle.
En 1957, il fait la connaissance de l'archevêque Jean Maximovitch, futur saint Jean de San Francisco, à l'époque archevêque en France pour l'Eglise russe hors frontières, qui avait été sacré précédemment évêque de Shanghai par le métropolite Antoine de Kiev. Ce saint authentique, thaumaturge et clairvoyant, reconnaît l’œuvre de l’archiprêtre Eugraph. Surmontant de nombreux obstacles, il le sacre en sa cathédrale de San Francisco le 11 novembre 1964, fête de saint Martin, apôtre des Gaules ; il lui donne le nom de Jean en l'honneur de saint Jean de Cronstadt, nouvellement canonisé, et lui attribue le titre d’évêque de Saint-Denis. Le saint archevêque prophétise au nouvel évêque à la fois la joie et la haine et ajoute : « Aujourd'hui, saint Martin est fêté dans toute la France ; saint Irénée est ton protecteur par la sûreté de la doctrine ; tu es entouré de saint Jean de Cronstadt, de saint Nectaire d’Égine : mais souviens-toi aussi du métropolite Antoine de Kiev, ton parent, et fais ce qu'il ferait à ta place ».
L’archevêque Jean de San Francisco étant mort en 1966, ses successeurs, qui lui étaient hostiles, attaquèrent l'Eglise catholique orthodoxe de France qu’il avait prise sous sa protection. Celle-ci dut rompre avec l’Eglise russe hors frontières, et cette rupture provoqua des désordres d'une telle violence qu'ils hâtèrent la fin de l’évêque Jean. Il naquit au ciel un vendredi à trois heures de l'après-midi, comme son maître le Christ : ce fut le 30 janvier 1970, en la fête des trois saints docteurs de l'Orient, ses compagnons de toujours, saint Basile le Grand, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome.
Liturge, théologien, canoniste, iconographe, et aussi peintre, musicien, mathématicien, l'évêque Jean de Saint-Denis fut à la fois un génie et un saint. Premier évêque orthodoxe de France après mille ans d'occultation, il se consacra entièrement à ce qu'il appela « l’œuvre la plus grande de notre époque » : « la restauration dans l'Orthodoxie universelle du visage, légitime, immortel et orthodoxe de l'Occident » ; cela afin de « renouveler le monde et le christianisme », et de rappeler aux hommes qui l’ont oublié que, derrière l'épreuve de la croix et de la mort vient, offerte gratuitement par le Christ, la résurrection.
La vie de l'évêque de Jean de Saint-Denis fut une parfaite illustration de son enseignement : une liturgie de mort et de résurrection où lui-même recevait et donnait la grâce vivifiante de la divine Trinité.
Après lui, l’Orthodoxie occidentale a malheureusement déchiré la tunique sans couture, et elle s’est fractionnée en plusieurs branches, au moins cinq, sinon concurrentes, du moins étrangères l’une à l’autre, mais revendiquant toutes l’héritage spirituel et liturgique du saint évêque. Deux d’entre elles l’ont canonisé : l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Europe et l’Eglise orthodoxe des Gaules.
La fête de saint Jean de Saint-Denis est fixée à la date de sa naissance au ciel, le 30 janvier, avec les trois saints docteurs, dont il ne dépare pas la compagnie.

+ Archiprêtre Jean-François Var




dimanche 17 septembre 2017


J'ai annoncé que je ranimerais ce blog périodiquement. Je commence aujourd'hui par ce texte qui devrait nous intéresser au premier chef, nous, chrétiens, puisqu'il émane d'un groupement de "juifs messianiques", ces juifs qui, tout en continuant à appliquer la loi de Moïse, croient et professent que le Messie annoncé est venu et que c'est Jésus, fils de Marie, Yeshoua. Ce qu'ils ont à nous dire est passionnant, écoutons-les attentivement.


Le mot amen n’est ni chrétien ni catholique ni arabe. Il est hébreu. Amen  אָמֵן signifie « vérité », « en vérité », vérité, assuré, établi, ainsi soit-il ! oui !, approbation, d’accord, entendu, certainement, assurment, parfaitement. La racine de ce mot est « aman » אָמַן signifie – croire, confiance, éprouver, fidèle, foi, longue durée, stable, opiniâtre, établi, gouverneurs, nourrice, nourricier, supporter, confirmer, soutenir, piliers, supports de porte.
Nombres 5 : 22 « et que ces eaux qui apportent la malédiction entrent dans tes entrailles pour te faire enfler le ventre et dessécher la cuisse ! Et la femme dira : Amen (‘Amen) ! Amen (‘Amen) ! »
Deutéronome 27 : 15 « Maudit soit l’homme qui fait une image taillée ou une image en fonte, abomination de l’Eternel, œuvre des mains d’un artisan, et qui la place dans un lieu secret ! Et tout le peuple répondra, et dira : Amen (‘Amen) ! »
Deutéronome 27 : 16 « Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère !-Et tout le peuple dira : Amen (‘Amen) ! »
De nombreux mots dérivent de la racine comme p.ex. amanah אֲמָנָה  l’alliance, le salaire fixe, le pacte, le support financier, le support d’un accord,
omen אֹמֶן « fidèlement », fidélité, vérité
omnah אָמְנָה apporter, nourriture, élever, entraîner, éducation, tutelle
omnah אָמְנָה « il est vrai »
omnan אָמְנָם véritablement, vraiment, sûrement, oumnan en effet, vraiment, véritablement
Amnon,אַמְנון le fils ainé de David qui a violé sa sœur Tamar et puis qui a été assassiné par Absalom (2 Samuel 13:1-22) signifie « fidèle ». Dieu en lui donnant ce nom avait certainement des projets pour lui.
Omanah  אֹמְנָה signifie linteaux, pilier, supports d’une porte confirmant ainsi que tout est supporté par la fidélité.
Et puis il y a l’emouna (foi)  אֱמוּנָה ou אֱמֻנָה qui a la même étymologie que le terme ‘Ouman’, un ‘artisan’ ou un ‘artiste’.
ד הִנֵּה עֻפְּלָה, לֹא-יָשְׁרָה נַפְשׁוֹ בּוֹ; וְצַדִּיק, בֶּאֱמוּנָתוֹ יִחְיֶה
Emounah אֱמוּנָה ou אֱמֻנָה signifie: fidélité, vérité, fidèle, probité, fonctions, foi, direction, service, accompli, sûreté, … ; fermement, fidélité, constance, le devoir accompli, vérité, probité (loyauté). On retrouve 49 fois l’emounah, autant de fois qu’il y a de jours entre la fête de Pessah et la fête de Shavouot, Lorsque l’on compte l’omer on peut à chaque fois louer l’Eternel pour sa fidélité.
Il est d’usage dans le langage courant en Israël lorsqu’on est d’accord de dire אמן « amen ». Et pour insister vraiment en vérité comme dans le Psaume 41:14, on ajoute en plus « ve amen »
יד בָּרוּךְ יְהוָה, אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵלמֵהָעוֹלָם, וְעַד הָעוֹלָם: אָמֵן וְאָמֵן 
Psaume 41:14 « Loué soit l’Eternel, Dieu d’Israël, d’éternité en éternité! Amen et Amen! »
Matthieu 25:40 « je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères ,c’est à moi que vous l’avez fait »
Jean 6:46 « C’est que nul n’a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu; celui-là a vu le Père. 47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. »
Jean 5:24 « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »
Lorsque dans les textes messianiques, Yeshoua disait « en vérité, en vérité », en fait il disait « AMEN VE AMEN. 
Dans אָמֵן וְאָמֵן le « VE » est une conjonction de liaison, de coordination. Ce « VE » s’écrit avec la lettre VAV, elle symbolise la croix. En effet la lettre a pour signification le clou, l’agrafe, le croc.
La signature avec du sang
Toute alliance dans la Parole de Dieu a toujours été signée avec du sang : le sang de l’alliance. 
Lorsque Yeshoua ou quiconque dit « amen ve amen », il est en train de confirmer ce qu’il dit par la signature de La Croix, le clou. Le VAV signifiant « clou, crochet, agrafe, à chaque interpellation de ce mot dans le texte, on met en avant le sacrifice de Yeshoua HaMashiah. 
Le VAV représentant le sacrifice du Messie, on y voit comme une confirmation par le sang de la fidélité de l’Eternel. Mais pas de fidélité de Dieu sans l’alliance du sang, l’alliance de la circoncision, l’alliance du sacrifice

Publié le 16 mai 2017 par : 

Les juifs messianiques de Belgique

mercredi 30 août 2017

"Mort et résurrection ?"

Ce titre est une plaisanterie de mélomane, puisque je l'ai emprunté à Richard Strauss...

Des amis plus ou moins bien intentionnés me pressent de redonner vie à ce blog. Redonner vie n'est pas l'expression appropriée car il vivote encore, à en juger par le nombre de visites qui m'a surpris. Nombre certes peu élevé mais réel.

Je suis donc tenté de le ranimer. Oh pas sous sa forme précédente, comme à l'époque où je l'alimentais quotidiennement. C'était beaucoup de besogne, et je m'en sens ni le courage ni l'envie. Mais épisodiquement, à mon gré. Car en fin de compte, il est des réflexions, ou des informations, auxquelles je souhaiterais donner un minimum de publicité. Facebook n'est pas le lieu, car c'est le domaine de l'absolument éphémère. Tu vois passer quelque chose qui t'intéresse, mais que tu n'as pas le temps ou la possibilité de capter dans ton filet à papillon. Tu veux y revenir plus tard, c'est trop tard : ce quelque chose a disparu, englouti dans un niagara de messages, de "posts", comme on dit - qui ne sont pas des postes restantes... ou là, la plaisanterie est piètre !

Donc, chers lecteurs potentiels, à bientôt, j'espère !

samedi 11 avril 2015

Un numéro des Cahiers Villard de Honnecourt sur le RER

Le numéro 94 des "Cahiers Villard de Honnecourt" édités par la loge de recherches du même nom de la Grande Loge Nationale Française, qui est paru tout récemment, est consacré au Rite Ecossais Rectifié. 

Il comporte des signatures réputées : 
+ Jean Granger (qui fut Grand Maître - Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules, ce qui n'est pas mentionné) :  Le Rite Ecossais Rectifié ;
Jean-François Var : De la Rectification ;
Roger Dachez : Le Rite Ecossais Rectifié et la Grande Profession ;
Jean-Louis Duquesnoy (Grand Prieur - Grand Maître National du Grand Prieuré Rectifié de France) : Le Rite Ecossais Rectifié et l'esprit du christianisme ;
Patrick Meneghetti (Grand Prieur d'honneur) : Image, ressemblance, temple, conformation ;
Roland Bermann : A propos d'Adhuc Stat ;
Thierry Zarcone : Arthur Edward Waite, une passion anglaise pour le Rite Ecossais Rectifié ;
Edmond Mazet : Le Convent de Wilhelmsbad, aux racines du Rite Ecossais Rectifié.



La confrontation d'opinions qui ne sont pas toutes convergentes à propos de ce Rite si particulier, parce que chrétien, et si attachant, pour la même raison, montre qu'il n'est pas sectaire, quoi que disent certains, et qu'il est inclusif et non pas exclusif.